Service Civique Professionnel : le droit à la solidarité pour tous les salariés

Service Civique ProfessionnelLe mécénat est un soutien financier ou matériel apporté par une entreprise ou un particulier à une action ou activité d’intérêt général. C’est devenu un business mais surtout un enjeu de société.
J’ai retenu une initiative française remarquable, portée par la plateforme de mécénat Koeo : le Service Civique Professionnel. Cette idée, si elle se concrétisait, constituerait une petite révolution.

A l’image du DIF, le Service Civique Professionnel serait ouvert à tous les salariés, un droit qui viendrait combler un vide exprimé par de nombreux collaborateurs d’entreprise.

Inscrire le Service Civique Professionnel dans un cadre institutionnel

KOEO est une entreprise de l’ESS (Entreprise Sociale et Solidaire), membre du MOUVES (Mouvement des Entrepreneurs Sociaux), et accompagne associations, entreprises et collaborateurs à déployer des programmes de mobilisation solidaire au travers du mécénat de compétences (don d’expertises personnelles ou professionnelles de collaborateurs volontaires, pendant leur temps de travail, auprès de structures d’intérêt général)

Koeo est un acteur engagé pour le déploiement du mécénat de compétences entre associations et entreprises. Son fondateur Jean-Michel Pasquier est convaincu que ce type de partenariat est l’avenir d’une économie plus juste, plus solidaire et plus humaine. La société conseille et encadre grands groupes, PME et même TPE, soucieux d’inscrire dans leur démarche économique une dimension de solidarité qui puisse impliquer leurs propres collaborateurs.

Ces derniers mois, c’est l’objet de ce billet, Jean-Michel Pasquier se consacre  à un projet que je qualifierais « d’intelligent » : le Service Civique Professionnel.
L’idée est simple : créer un compte de temps solidaire annuel de 3 jours pour chaque salarié (1 jour travaillé + 2 jours de RTT), et qui serait proposé aux collaborateurs volontaires dans chaque entreprise.

Pour Jean-Michel Pasquier, «ces journées dédiées exclusivement à des projets sociétaux d’intérêt général, permettraient d’une part de répondre au manque récurrent de ressources du secteur associatif au travers du don d’expertises professionnelles ou personnelles (communication, gestion, informatique, logistique, ou soutien scolaire, aide aux bénéficiaires, etc), mais aussi de répondre aux nouveaux enjeux du monde de l’entreprise : quête de sens exprimée par les collaborateurs, accompagnement des seniors entre fin de carrière et début de retraite, redéploiement de compétences lors de ralentissements d’activité, etc. ».

Le Service Civique Professionnel serait orienté vers des initiatives locales : il offrirait à l’entreprise une nouvelle opportunité « d’ouvrir ses portes vers d’autres acteurs de la société civile, en tissant des passerelles collaboratives et de co-construction avec les associations de proximité, chacun des 2 univers ayant aujourd’hui autant à recevoir qu’à donner, que cela soit en terme de valeurs, de méthodologies et de savoir-faire ».

Un modèle tripartite association-collaborateur-entreprise : si chacun y trouve un sens, le partenariat sera bénéfique et durable

Que faut-il penser du business de la solidarité ?

Je vois déjà certaines critiques émerger sur mon fil d’actualité Twitter vous mettant en garde contre la promotion de Koeo ou encore l’utilisation du mécénat dans la communication des entreprises.
Certes, le mécénat est relié à des objectifs de notoriété et de communication, voire de mobilisation interne. Et la loi Aillagon, qui encadre son statut en France depuis 2003, permet des déductions fiscales contrairement au sponsoring qui est considéré comme un investissement publicitaire.
So what ? Faut-il s’offusquer que les entreprises s’approprient ces dispositifs et en tirent un profit d’image si elles permettent de faire avancer des projets sociétaux ? Faut-il se plaindre que les compétences des collaborateurs soient utilisées à bon escient et à leur grande satisfaction ? Faut-il systématiquement douter de la motivation personnelle des dirigeants qui soutiennent une cause ?

monopole du coeur

Ma conviction est que personne n’a le monopole du cœur et si aucun modèle n’est parfait, il est aujourd’hui difficile de mener à bien des initiatives pérennes et d’envergure sans le soutien des entreprises, bailleurs de fond et pourvoyeurs de talents, mais également sans entreprise intermédiaire comme Koeo, qui vont professionnaliser les processus et convaincre les décideurs.

N’oublions pas non plus que toutes les entreprises ne proposent pas de programme interne de mécénat de compétences, auquel cas un collaborateur qui voudrait en faire aujourd’hui ne le pourrait pas. Pour celles qui en font, cela permettrait d’ouvrir le dispositif à des salariés jusqu’à présent « frileux », grâce à une découverte du monde associatif de seulement quelques jours, qu’ils pourraient compléter éventuellement par les jours offerts via le programme interne déjà existant.
Voilà pourquoi le Service Professionnel Civique est à la fois une bonne idée et une excellente nouvelle pour tous les collaborateurs, dès lors qu’il deviendra réalité.

Service Civique Professionnel

C’est un rêve d’intérêt général : réveillons-le ensemble 

Une idée qui ne demande qu’à être mise en lumière pour briller

J’avais précédemment rédigé un article « J’ai fait un rêve : l’arrondi solidaire » qui avait généré une multitude de réactions positives, m’informant que de nombreuses initiatives plus ou moins similaires étaient à l’étude ou déjà implantées sous des formes et dans des domaines divers. Au regard de ces feedbacks si favorables, je crois avoir compris que notre société était prête à recevoir et à transformer cet élan de solidarité en actions concrètes et que les bonnes volontés ne manquaient pas. Le Service Civique Professionnel fait écho à cet esprit de générosité.

pasquier

Pour l’heure, Jean-Michel Pasquier et son équipe ont commencé à sensibiliser les parties prenantes concernées et ont amorcé les premiers contacts auprès du Ministère du travail, des représentations syndicales et patronales, des Coordinations et Fédérations Associatives, etc, pour discuter des modalités d’application d’un tel Service Civique Professionnel dans le cadre du Code du Travail, afin d’en reconnaître à terme après l’étude de sa faisabilité l’existence et le droit d’usage.

Pour donner de la voix à cette idée, ils ont récemment mis en place une pétition grâce à laquelle chacun de nous peut apporter son soutien. Un soutien citoyen qui peut aider à faire avancer ce dossier et à le faire connaître auprès du plus grand nombre : « C’est un rêve d’intérêt général : réveillons-le ensemble ». Signez la pétition pour un Service Civique Professionnel !

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